L'essentiel en 30 secondes
Ce qui change Seuils 2026 : franchise TVA à 37 500 € (services) et 85 000 € (commerce). Si vous dépassez, vous devez facturer la TVA dès le premier euro au-delà — pas à la fin de l'année.
Ce que vous gagnez Bien gérer sa TVA, c'est aussi récupérer la TVA sur vos achats pros (matériel, logiciels, bureaux). Un freelance qui ne récupère pas sa TVA laisse 20 % de ses charges dans la poche du fisc.
Première étape Vérifiez votre CA des 12 derniers mois glissants. Si vous approchez 37 500 €, prévenez votre expert-comptable maintenant — le dépassement déclenche des obligations immédiates.
37 500 €. C'est le seuil à partir duquel votre vie de freelance change radicalement côté TVA. En dessous, vous êtes tranquille. Au-dessus, vous devez collecter la TVA, la déclarer, la reverser — et potentiellement rembourser des clients si vous avez mal facturé. Voici comment ne pas rater ce virage.
Qu'est-ce que la TVA et qui y est assujetti ?
La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) est un impôt indirect sur la consommation que vous collectez pour le compte de l'État. En tant que freelance ou indépendant, vous êtes un simple intermédiaire : vous facturez la TVA à vos clients et la reversez à l'administration fiscale après déduction de la TVA que vous avez vous-même payée sur vos achats professionnels.
Sont assujettis à la TVA toutes les personnes physiques ou morales qui réalisent de manière indépendante une activité économique à titre habituel. Il n'y a pas de seuil minimal de chiffre d'affaires pour être assujetti — mais il existe un régime de franchise qui permet de ne pas la facturer jusqu'à certains plafonds.
La franchise en base de TVA : le régime des petits indépendants
La franchise en base de TVA dispense les petits entrepreneurs de collecter et reverser la TVA. En contrepartie, vous ne pouvez pas récupérer la TVA sur vos achats. En 2026, les seuils sont les suivants :
| Type d'activité | Seuil principal | Seuil majoré (tolérance) |
|---|---|---|
| Prestations de services (freelances, consultants) | 37 500 € | 41 250 € |
| Commerce et hébergement | 85 000 € | 93 500 € |
| Avocats, auteurs, artistes-interprètes | 50 000 € | 55 000 € |
Attention : La loi de finances 2025 a abaissé le seuil de franchise pour les services de 36 800 € à 37 500 € — une légère hausse par rapport aux craintes initiales. Si vous dépassez le seuil majoré en cours d'année, vous êtes assujetti à la TVA à partir du 1er jour du mois de dépassement, sans attendre l'année suivante.
Lorsque vous êtes en franchise, vous devez obligatoirement mentionner sur vos factures la mention : « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». L'oubli de cette mention est une irrégularité qui peut entraîner des pénalités lors d'un contrôle fiscal.
Faut-il rester en franchise ou opter pour la TVA ?
Si vous travaillez principalement avec des clients professionnels assujettis à la TVA, l'option pour la TVA peut être avantageuse même sous les seuils. En effet, vos clients récupèrent la TVA que vous leur facturez, donc votre tarif HT reste identique pour eux. En revanche, vous bénéficiez de la déduction de la TVA sur tous vos achats professionnels (matériel, logiciels, coworking, etc.), ce qui peut représenter une économie substantielle si vous avez des investissements importants.
Les régimes de TVA : réel normal vs réel simplifié
Le régime réel simplifié (RSI)
Pour les freelances en dessous de 254 000 € HT pour les activités de services (ou 840 000 € pour le commerce), le régime réel simplifié s'applique par défaut. Il prévoit :
- Deux acomptes semestriels en juillet et décembre, calculés sur la base de la TVA de l'exercice précédent (55 % en juillet, 40 % en décembre)
- Une déclaration annuelle de régularisation CA12 déposée avec le bilan (avant le 2e jour ouvré suivant le 1er mai)
Ce régime est administrativement simple mais peut créer des décalages de trésorerie importants si votre activité progresse rapidement ou si vous avez remboursé beaucoup de TVA.
Le régime réel normal
Au-delà des seuils RSI, ou sur option, vous déposez une déclaration CA3 mensuelle (ou trimestrielle si votre TVA annuelle est inférieure à 4 000 €). Chaque déclaration récapitule :
- La TVA collectée sur vos ventes et prestations du mois
- La TVA déductible sur vos achats et charges du mois
- La TVA nette à payer (ou le crédit de TVA à reporter)
Ce régime offre une meilleure visibilité sur votre trésorerie TVA et permet une récupération plus rapide des crédits de TVA (remboursement sous 30 jours sur demande).
TVA déductible : ce que vous pouvez récupérer
En tant qu'assujetti à la TVA, vous récupérez la TVA sur toutes les dépenses engagées pour les besoins de votre activité imposable. Les conditions sont :
- Vous devez disposer d'une facture conforme comportant le numéro de TVA du fournisseur
- La dépense doit être nécessaire à l'activité professionnelle
- La TVA doit être exigible chez le fournisseur (date de livraison pour les biens, date d'encaissement pour les services)
| Type de dépense | TVA déductible | Remarques |
|---|---|---|
| Matériel informatique | 100 % | Usage professionnel exclusif |
| Logiciels et SaaS | 100 % | Idem |
| Essence (véhicule utilitaire) | 100 % | 0 % pour véhicule de tourisme |
| Diesel/GPL (véhicule de tourisme) | 80 % | Depuis 2017 |
| Véhicule de tourisme | 0 % | Exclusion totale |
| Frais de restaurant (repas d'affaires) | 100 % | Avec justificatif professionnel |
| Loyer de bureau | 100 % | Si bailleur assujetti à la TVA |
TVA et crédit : récupérer un crédit de TVA
Si votre TVA déductible dépasse votre TVA collectée (par exemple lors d'un investissement important), vous vous retrouvez en crédit de TVA. Ce crédit peut être :
- Reporté sur les déclarations suivantes (solution par défaut)
- Remboursé par l'État sur demande expresse, via le formulaire 3519. Le remboursement est accordé si le crédit excède 150 € (déclaration mensuelle) ou 760 € (déclaration trimestrielle)
La demande de remboursement s'effectue en ligne sur impots.gouv.fr. Les délais de traitement sont généralement de 30 jours, pouvant aller jusqu'à 6 mois si un contrôle est déclenché.
TVA intracommunautaire : facturer à l'étranger
Si vous réalisez des prestations pour des clients établis dans d'autres États membres de l'UE, la TVA est soumise à des règles spécifiques selon la nature de la prestation et le statut du client.
Prestations à des professionnels (B2B)
Pour une prestation de service à un client professionnel européen (qui vous communique son numéro de TVA intracommunautaire valide), la règle de base est celle du pays du preneur : c'est votre client qui autoliquidé la TVA dans son pays. Vous facturez HT avec la mention « Autoliquidation - article 44 directive 2006/112/CE » et déclarez l'opération dans la DES (Déclaration Européenne de Services) sur pro.douane.gouv.fr.
Prestations à des particuliers (B2C)
Pour les prestations à des particuliers européens, la règle du pays du prestataire s'applique en dessous de 10 000 € annuels de ventes. Au-delà, vous devez appliquer la TVA du pays du consommateur — ce qui implique une immatriculation dans chaque pays ou l'utilisation du guichet unique OSS (One Stop Shop), qui centralise la déclaration et le paiement pour toute l'UE.
TVA et autoliquidation domestique
Dans certains secteurs (sous-traitance dans le BTP, vente de déchets, transferts de quotas CO2), c'est l'acheteur assujetti qui déclare et paie la TVA — c'est l'autoliquidation. Si vous êtes sous-traitant dans le BTP, vous facturez HT et devez mentionner « Autoliquidation - article 283-2 du CGI ». Le non-respect de cette règle entraîne des pénalités pour les deux parties.
Les erreurs classiques de TVA chez les freelances
- Facturer TTC après dépassement du seuil : dès le premier jour du mois de dépassement, vous devez facturer avec TVA. Une facture HT émise après ce seuil expose l'acheteur à un redressement
- Déduire la TVA sur les véhicules de tourisme : la TVA sur l'achat ou le carburant essence d'un véhicule de tourisme est non déductible, quelle que soit son utilisation professionnelle
- Oublier la DES : l'absence de déclaration européenne de services expose à une amende de 750 € par déclaration manquante (15 € par omission, minimum 75 €)
- Confondre date d'encaissement et date de facture pour les services : la TVA sur les prestations de services est exigible à l'encaissement (et non à la facturation), sauf option contraire
TVA et comptabilité de caisse vs d'engagement
Par défaut, les prestataires de services utilisent la comptabilité de caisse pour la TVA : vous déclarez la TVA collectée quand vous encaissez, et la TVA déductible quand vous payez. C'est favorable à votre trésorerie car vous ne préfinancez pas la TVA de vos factures impayées.
Les commerçants et entreprises de livraison de biens sont soumis à la TVA sur les débits (à la date de facturation). Sur option, ils peuvent passer à la comptabilité de caisse — cette option est irrévocable pendant 2 ans.
Anticiper la TVA avec un prévisionnel mensuel
La meilleure façon d'éviter les mauvaises surprises est de suivre chaque mois votre position TVA nette : TVA collectée sur les encaissements du mois minus TVA déductible sur les paiements. Ce suivi, intégré dans un logiciel de comptabilité comme Indy, vous permet d'anticiper les décaissements et d'éviter les pénalités de retard (10 % du montant dû + intérêts de 0,2 % par mois).
Conclusion : la TVA, une contrainte maîtrisable avec les bons outils
La TVA est souvent perçue comme une complexité administrative redoutée par les freelances. En réalité, avec un logiciel de comptabilité adapté et une bonne compréhension des règles applicables à votre activité, la TVA devient une simple mécanique de collecte et de déduction mensuelle. L'enjeu majeur est d'automatiser la récupération de TVA sur vos achats — chaque euro de TVA déductible non réclamé est un euro de manque à gagner direct.
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En résumé — 3 points à retenir
- ✓Franchise TVA 2026 : 37 500 € pour les services, 85 000 € pour le commerce — en dessous, vous ne facturez pas de TVA.
- ✓Dès le dépassement du seuil, vous avez 15 jours pour vous immatriculer — la facturation TVA doit être rétroactive au 1er jour de dépassement.
- ✓Le numéro de TVA intracommunautaire est indispensable pour tout achat ou vente B2B hors de France dans l'UE.
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